12 poèmes que je vous offre..J'espère que vous les aimerez. Votre réaction sur mon livre d'or me ferait plaisir. Merci ! Je vous répondrai en ligne.
J'ai une toute approche d'écriture quand j'écris une poésie par rapport à l'écriture de mes textes de chansons.
La beauté
La beauté se cache là où tu ne la vois pas,
Dans le regard de l'enfant qui t'observe
Et te vénère comme si tu étais un Dieu vivant,
Toi qui te désoles de ne plus t'émerveiller de rien.
La beauté se propage dans ce doute qui te ronge
Comme un mal nécessaire à ta renaissance,
Pour mieux te faire rejaillir de tes cendres,
Et se répandre comme une semence
Sur les angoisses des hommes.
La beauté se lit sur les lèvres
De ce sourd-muet
Qui prend la parole avec ses mains,
Et caresse de ses gestes
Toutes les splendeurs du monde.
La beauté se moque de l'âge,
Et tes rides sont tes alliées
Comme des forces qui se déploient
Pour triompher de ta vieillesse.
La beauté se réfugie dans les yeux
De ces amoureux timides,
Qui n'osent pas s'embrasser,
Emus comme perdus
Dans le silence de leur cri d'amour.
La beauté se noie dans la goutte d'eau
Qui va rejoindre l'océan
Et repart dans le ciel
Pour créer des arcs-en-ciel
Qui dansent au-dessus de toi.
La beauté se glisse dans tes pensées
Quand tu te sens si fort
Que tous les malheurs du monde
S'effondrent comme des châteaux de cartes
Face à tant d'optimisme et de courage.
La beauté survole les montagnes,
Les vallées et les prés,
Les fleuves et les fleurs,
Elle te donne envie de rejoindre
Ces oiseaux qui chantent et jouent,
Posés comme une plume
Sur le vent qui les emporte,
Comme la musique que tu écoutes.
La beauté se dévoile dans les mots
De tous ces écrivains
Qui se penchent sur leur feuille
Comme des roseaux fragiles,
Et qui suent à n'en plus finir
En quête d'inspiration,
Pour que l'enfant s'émerveille
Et que l'adulte se passionne.
La beauté s'érige dans les attitudes fières
De ces sculptures qui t'éblouissent,
Et qui traversent les siècles
Comme des chênes indestructibles.
La beauté se nourrit des messages de tes amis
Qui se livrent mieux que des frères et soeurs
En tapant sur leur clavier des phrases,
Comme des symphonies secrètes
Dans le silence et l'intimité de leur âme.
La beauté s'inspire des courbes parfaites de la femme,
Si belles et si captivantes,
Que les couleurs se troublent
Pour mieux s'épanouir
Sous les pinceaux des peintres déconcertés.
La beauté se réfugie dans les bras des mères et des pères
Qui embrassent leurs enfants
Avec tellement plus d'amour chaque jour,
Que le bonheur en devient jaloux.
La beauté se complait dans la tendresse infinie
De ces couples magnifiques
Qui ont fait de leur union
Une résistance au temps qui passe.
Enfin, la beauté se conjugue au présent et au futur
Et à toutes les personnes,
Dans toutes les langues,
Dans tous les pays,
Pour que les misères du monde
Disparaissent à tout jamais
Et se conjuguent pour toujours à l'imparfait
Le vieil homme
A,B,C,D,E,F,G,H,I,J,K,L,M,N,O,P,Q,R,S,T,U,V,W,X,Y,Z
Se pressent et s'enhardissent
Tandis que le poète s'installe
Avec son âme pour faire le point,
Le point sur les i
Le point sur sa vie.
L'armée des lettres n'en demandait pas tant
Mais, il fallait faire vite,
Car le poète avait très peu de temps
Juste celui de mettre les points sur les i
Juste celui de sa vie.
Aussi, il fallait de la discipline,
Aussi, il fallait de l'enthousiasme,
Aussi, il fallait de la disponibilité,
Aussi, il fallait du talent.
Les voyelles ordonnèrent alors aux consonnes
De prendre leurs jambes à leur cou
Et de les emmener avec elles
Dans le monde des idées,
Idées sur tout
Ideés sur rien.
Mais, pourquoi tant de hâte, me direz-vous ?
Le poète, lui, ne semblait pas pressé.
Il se disait qu'il avait tout le temps,
Le temps de mettre plein de points sur les i
Le temps de sa vie,
Bien au-delà des trois sempiternelles obligations du Temps qui passe :
Naître, vivre et mourir.
Mais, l'armée des lettres savait
Que le poète n'aurait jamais assez de temps
Pour accomplir son oeuvre sans son aide.
L'homme était vieux et sa dernière heure
Etait toute proche,
Proche du tout, du rien,
De celui qu'on nomme Dieu,
Proche du bien et du mal,
Des anges et du diable.
Le vieil homme posa soudain son âme sur le papier
Et celle-ci se répandit comme un océan
Sur sa page blanche, son continent.
L'homme avait beaucoup vécu,
L'homme avait beaucoup lu,
L'homme avait beaucoup souffert,
l'homme avait beaucoup ri,
L'homme avait beaucoup écrit.
Toutes ses années proches du tout,
Proches du rien,
Se bousculèrent alors
Dans un désordre aussi inattendu qu'indescriptible,
Des millions d'images en lutte
Pour la survie de quelques-unes.
Le vieil homme ne contrôlait plus rien
Et il assista impuissant et perplexe
Au combat de ses propres souvenirs
Dans sa mémoire, sur sa page blanche
De moins en moins blanche
Mais de plus en plus rouge,
Rouge comme le sang.
L'armée des lettres avait,
Heureusement,
Posté quelques éclaireurs
Dans l'âme du poète qui se lamentait de plus en plus,
Proche du tout, proche du rien.
C'étaient des rimes oubliées, des pensées intimes
Sur le qui-vive depuis longtemps.
L'armée des lettres était inquiète,
Car le vieil homme s'était évanoui
Pendant que ses souvenirs s'affrontaient plus violemment encore,
Pour tout ou rien.
Le vieil homme n'avait pas supporté cette concurrence,
Ce combat pour une suprématie littéraire et affective,
Cet acharnement pour la célébrité et la postérité.
L'armée des lettres avait vite besoin
De rassembler ses éclaireurs,
Les anges gardiens du vieil homme.
Ceux-ci comme une seule pensée
Avec quelques points sur les i
Avec quelques accents sur les e et les u
Mais sans virgule pour aller plus vite,
Se dépêchèrent de rejoindre l'armée des lettres
Et le monde des idées,
Idées sur tout,
Idées sur rien,
Dans l'âme du poète et au-delà.
Les souvenirs du vieil homme s'épuisaient,
Beaucoup avaient été terrassés,
D'autres avaient fui,
Mais certains luttaient encore,
Conscients de leur importance pour la survie du poète.
L'armée des lettres avertie par ses éclaireurs
Sortit alors sa plus belle plume,
Consulta rapidement le monde des idées,
Idées sur tout,
Idées sur rien,
Analysa la vie du vieil homme,
Envoya quelques pensées de lumière
Dans son âme de plus en plus proche du rien
Comme des souvenirs qui agonisent
Quand une vie s'éteint loin de tout.
Fort heureusement,
Ces pensées remirent de l'ordre dans les idées du vieil homme,
Dans ses souvenirs égarés ou lointains.
Leur lutte cessa et la page redevint blanche.
Le vieil homme se réveilla
Et saisit sa plus belle plume,
Celle de l'armée des lettres,
Celle de son imagination enfin retrouvée.
Il composa alors son plus beau poème,
Celui de sa vie,
Avec quelques points sur les i.
Puis, il s'endormit à nouveau,
Sur sa plus belle plume mais,
Il ne se réveilla plus jamais,
Ayant achevé de faire le point sur sa vie,
Avec juste quelques points sur les i.
Le passage
Je me souviens d'une clarté diaphane
Comme si j'avais été moi-même cette lumière,
Puis un corps sans esprit, un sac endormi,
Une impression de vide et de néant.
Je me souviens ne pas avoir eu peur
J'étais même plutôt serein
Soulagé d'être enfin libéré
De tous mes maux et de mon angoisse.
Etrange créature que nous sommes
Acceptant d'être tripotée, ouverte
Comme une souffrance consentie
Les tripes à l'air pour un curieux hors-d'oeuvre,
Quelques mains expertes aux prises avec nos entrailles
Tailladant, explorant, repoussant dans nos corps inertes
Ces quelques tuyaux que l'on nomme boyaux
Comme de simples chambres à air pour vélos.
C'est étrange tout de même !
Nous sommes des bicyclettes à quatre pattes
Quelques rustines dans l'abdomen
Tandis que d'autres se donnent de l'importance
Aux quatre coins du monde, monde carré ou rectangulaire
Polygone circulaire pour quelques ingénus.
Enfin, tout dépend ici de vos conceptions géométriques !
Il y avait de curieux mécaniciens autour de moi, en moi
Ils portaient tous des masques comme des voleurs
Et pourtant, j'étais nu comme un ver
Loin des vers de Prévert
Plutôt comme une énigme
Un corps sans vie, sans esprit
Pour des bistouris étincelants
Des poignards impatients et luisants.
C'est normal pour les vers, me direz-vous !
J'aurais voulu avoir la présence d'esprit de me révolter
Contre ces bandits masqués violant mon intimité
Mais j'étais devenu une sorte de momie
Loin des pyramides d'Egypte, de leurs pharaons et de leurs reines.
En quelque sorte, on rendait hommage à mon corps
Si jeune encore,
Si fragile pourtant.
Après tout, j'avais une certaine chance,
Car qui pouvait se vanter d'être un vélo à quatre pattes
Un prince d'Egypte que l'on ressuscite ?
Les hommes masqués étaient en fait des anges voilés
Les anges-gardiens de ma destinée.
Ils m'ont envoyé dans un monde imaginaire
Une simple piqûre dans mon bras gauche
Et puis, plus rien !
Si, seulement cette clarté diaphane
Pour sombrer comme le Titanic sous les glaces
Plus vite que la vitesse de la lumière elle-même.
J'avais perdu tout contrôle de moi-même,
Je n'étais d'ailleurs plus moi
Je n'existais plus en somme.
J'étais un mort en sursis
Un morceau de viande consommable
Pour quelques tribus anthropophages.
J'étais là où les hommes ne souffrent plus
Dans un passage vers l'au-delà
Dont je n'étais pas conscient.
Mais je devais m'y sentir bien
Puisque je me suis réveillé en souriant.
J'ai souri aux anges !
J'avais une impression de bien-être
Comme si rien ne s'était passé véritablement.
J'ai dit :
- C'est déjà fini !
Et l'on m'a ramené dans ma chambre
Sur mon lit à roulettes
Avec juste quelques rustines en plus.
Tout était fini !
Loin des pyramides d'Egypte et de ses mystères.
L'oiseau.
Moi, le môme
Pas plus haut que trois pommes,
Je voudrais que tu sois le vent
Et que tu m'emportes sur tous les continents,
Pour dire à tous les hommes,
Les blancs, les noirs, les rouges, les jaunes et même aux fantômes,
Qu'ils se rappellent qu'eux aussi ont été
Ce drôle d'oiseau sans ailes
Agitant ses bras à tire-d'ailes,
Lorsque tu me tournes le dos
Pour écrire des mots au tableau.
Mes camarades se moquent de moi
Et ils me montrent du doigt,
Quand tu te retournes, surpris
D'avoir entendu comme les battements d'ailes d'un canari.
Tu ris jaune comme lui
Mais je vois bien dans tes yeux qui luisent,
Que tu voudrais aussi t'enfuir avec moi,
Bien loin de ses quatre murs qui font la loi.
Tu montes sur tes grands chevaux
Et tu me traites de drôle d'oiseau !
Tu me grondes et tu me punis.
Vingt-cinq lignes en rouge pour cette félonie.
Je dois arrêter de me prendre pour un oiseau !
Vingt-cinq lignes pour avoir fait le sot !
Au présent et à la première personne.
Comme un perroquet qui bougonne.
Mais je suis bien ennuyé
Quand je dois écrire cette phrase sur mon cahier,
Car je ne me suis jamais pris pour un canari, ni pour un perroquet
Ou pour tout autre oiselet !
Non, non, je suis vraiment un drôle d'oiseau !
Celui qui vit tout là-haut
Bien au-delà des nuages et du temps
Des siècles et de ce monde étouffant.
C'est toi qui ne vas pas bien
Tu ne vois rien !
Sauf tes mots écrits au tableau
Comme des phrases écrites par un idiot.
Alors, j'ordonne à tes grands chevaux
Qu'ils te prennent sur leur dos
Avec mes ailes comme cadeau.
J'en ai plein le dos de cette cage,
De cette classe pour enfants sages.
Sans canailleries, ni drôleries !
Car, je suis l'oiseau du paradis,
Celui qui a pris la forme d'un enfant
Pour rendre visite à la Terre et aux océans.
Il est temps à présent que tu goûtes au bonheur,
Toi qui as passé ta vie dans les classeurs.
Aussi, mes bras retrouvent leurs ailes,
Et tu t'envoles avec elles,
Sur tes grands chevaux qui ne sont plus en colère
Pour visiter toute la Terre,
Tandis que l'on peut lire sur mon cahier,
Comme le refrain d'un parolier
Je suis l'oiseau du paradis.
Je suis l'oiseau du paradis.
Je suis l'oiseau du paradis.
Je suis l'oiseau du paradis.
Erika !
Des oiseaux qui crèvent sur le sable
Des imperméables jaunes comme des soleils
Des nappes de pétrole qui s'étalent
Le sable qui disparaît à son tour
L'homme qui refait sans arrêt les mêmes gestes
L'homme qui touche qui nettoie qui soigne
Et le venin qui s'installe à nouveau.
Les imperméables jaunes qui suent
Et ces oiseaux qui pleurent qui crient
Qui se débattent qui ne veulent pas mourir.
La mer qui souffre qui verse des larmes
La mer qui attend sa revanche qui guette
Et le pétrole qui fuit qui fuit de tous côtés
Qui fuit on ne se sait où mais qui fuit
Comme s'il avait pris la poudre d'escampette.
Mais on n'arrive pas à trouver le responsable
L'artificier qui a mis le feu aux poudres.
Il n'existe pas il est innocent
il a la loi avec lui
Il n'a rien fait.
Juste un soir de cafard
Il a voulu montrer qu'il était triste
Car il avait trop dépensé pour son bateau
C'était encore trop cher pour une épave.
Et puis il n'allait pas assez vite
Il était trop lourd et il n'avait plus le temps
Le temps de réfléchir comme un homme
Le temps de s'envoler comme un oiseau.
Il a donc ouvert les vannes de sa stupidité et s'est mis en colère
Et l'or noir a commencé à fuir cet homme si bête
Fuir cet homme pressé qui n'avait plus le temps
Fuir le bateau de tous les côtés
Affolé par cet homme en furie.
Puis l'homme est entré dans une telle colère noire
Que la mer elle-même a porté le deuil
De cet homme qu'elle croyait son ami.
Alors tout est devenu noir
Sur la mer et dedans.
L'homme était si triste si mécontent
Qu'il a sombré avec son bateau
Tout au fond de l'océan.
Et l'or noir ne savait plus où fuir
Alors lui aussi il s'est affolé
Et à son tour il est entré dans une colère noire
Et pour montrer aux hommes qu'il en avait assez
De fuir de tous les côtés
Il a voulu faire une pause
Il a voulu se reposer.
Aussi sur les plages
Il s'est étalé
Il ne fallait plus le déranger.
Mais il ne savait pas
Qu'il n'avait pas le droit
De tout envahir
Pour son plaisir
L'homme ne lui avait rien dit.
Et comme il voulait avoir la paix
Il a tout tué dans sa colère noire
Tué tous ceux qui voulaient lui faire comprendre
Que sa place n'était pas ici.
Pourtant l'océan tout entier
Lui a envoyé des signes de paix
Mais plus on l'ennuyait
Et plus il tuait
Les oiseaux les coquillages
Les poissons le sable
Les hommes ces imperméables jaunes
Ces drôles de créatures à quatre pattes
Qui le jetaient dans d'étranges bateaux
Qu'ils appelaient sacs ou poubelles.
Mais le pétrole avait plus d'un tour dans son sac
Et plus on l'énervait plus il revenait s'étendre le sable.
Et les imperméables jaunes sont à leur tour entrés dans une colère noire
Car ils en avaient assez de sans cesse toujours refaire les mêmes gestes
Pour des oiseaux qui ne voulaient pas mourir
Pour le sable qui devenait de plus en plus noir.
Alors ils ont voulu se dépêcher
Ils se sont ainsi multipliés
Des centaines de soleils sur une plage noire
Des mains nues dans l'or noir
De l'espoir pour les oiseaux
Mais des ennemis pour l'or noir
Qui en avait plus qu'assez d'être dérangé.
Aussi pour les punir
Il a tout enveloppé de sa colère noire
Et a tout empoisonné
A tout mis dans des sacs, des poubelles
Des radeaux bizarres pour l'enfer
A tout envoyé dans la mer
Les imperméables jaunes devenus noirs
Les oiseaux qui ne volaient plus
Le sable qui agonisait
Et puis pour finir
Tous les espoirs des hommes
Au pays de l'or noir enfin souverain.
Les feux de la rampe.
Un jour, un cinéphile fatigué s'endormit avec sa passion.
Il se mit à rêver...Il vit...
Jean Marais,
Qui pleure encore sa Belle
bien après la fin du film,
parce qu'il reste une bête immonde,
lui, le prince damné à jamais.
La belle,
qui le craint, qui le hait,
et qui le repousse encore,
parce qu'il est plus laid
que Quasimodo,
qui implore Esméralda,
tandis que les cloches se déchaînent,
pour annoncer ce nouveau pugilat
entre Don Camillo et Péppone,
qui se réconcilient comme par miracle,
pendant que Gavroche ne meurt pas sur les barricades,
comme un misérable,
qu' Esméralda épouse Quasimodo,
et la Belle, la Bête redevenue prince.
Citizen Cane,
qui ressuscite Orson Welles,
quand Jésus se libère de siècles de bêtises,
et se venge enfin,
de tant de compassion,
à l'égard de ses bourreaux,
qu'il plante à leur tour sur des croix,
dans tous les péplums américains,
comme le dernier clou du spectacle,
pour leur clouer le bec à jamais.
Alfred Hitchcock,
qui se fait prendre la main au collet,
quand ses oiseaux fondent sur la ville,
et que l'Orient Express s'immobilise,
à la recherche de l'assassin.
Jean-Paul Belmondo,
qui devient vraiment un singe
en hiver,
tandis que Jean Gabin,
continue de cuver son vin,
avec Bourvil dans la traversée de Paris,
alors que Jean-Luc Godard triomphe
comme l'Arc sur les Champs-Elysées.
Le cinquième élément qui réclame le sixième,
et qui s'ennuie déjà de Luc Besson
qui engage Nikita aux côtés des Blade Runners
de Ridley Scott,
tandis qu'Harrison Ford quitte le film,
à la poursuite du diamant vert.
Le Titanic qui envoie des S.O.S,
quand Robert Redford,
survolant l'Afrique avec Meryl Streep,
main dans la main,
les entend et change de cap
vers la banquise,
prévient le réalisateur,
et sauve in extremis tous les passagers.
Woody Allen,
qui se rend au Caire,
pour y chercher sa rose pourpre,
et qui s'égratigne,
avec celle de Jean-Jacques Annaud,
au nom de la rose !
Charlot,
qui donne sa canne à Buster Keaton,
pour que celui-ci,
ne perde pas l'équilibre sur le fil de sa vie.
Un homme et une femme,
qui tombent... vraiment amoureux,
Mais aussi dans les bras de Claude Lelouch.
Yves Montand,
qui boit l'eau de la source de Manon,
tandis qu'Emmanuelle Béart
se noie dans le regard d'Ugolin.
Romy Schneider,
qui plonge dans la piscine avec Alain Delon,
et qui vont rejoindre les dauphins du grand bleu,
tandis que Jean-Marc Barr aide Robert Redford,
à sauver les derniers voyageurs du Titanic avec Léonardo di Caprio.
Les lumières de la ville,
qui s'illuminent,
sur le passage d'Esméralda et de Quasimodo,
et de la Belle,
qui s'envole avec son prince
rejoindre Jean Cocteau,
quand les visiteurs du soir
se pressent pour ce jour de fête,
avec Jacques Tati
qui invite Cyrano,
à déclamer ses vers,
afin que ce jour soit un jour sans fin.
Michel Serrault,
qui chute,
dans la cage aux folles,
et qui réclame le silence,
alors que son ami Jean Poiret
parvient à bout de souffle,
à le sauver du ridicule,
quand Patrice Leconte
va se faire bronzer,
Avec les copains de Thierry Lhermitte.
Henri Verneuil,
qui n'a plus peur de la ville,
quand Bertrand Tavernier
l'invite à passer un dimanche à la campagne.
Juliette Binoche,
qui remporte l'award de la meilleure actrice,
aux pays des étoiles,
et qui l'offre à Simone Signoret,
qui s'embarque pour une odyssée dans l'espace,
avec Stanley Kubrick et Yves Montand,
pour retrouver le patient anglais.
Marilyn Monroe,
qui est sauvée juste à temps,
par les sept mercenaires,
loin des désaxés qui tentaient de l'assassiner,
juste pour quelques dollars de plus.
Catherine Deneuve,
qui sauve sa soeur des flammes
avec Steve Mac Queen,
qui en avait fini avec la tour infernale,
et qui prie Claude Sautet
de revenir en ce monde,
pour épargner Michel Piccoli,
parce que les choses de la vie
sont tellement belles à croquer,
sous le plus grand chapiteau du monde,
qu'est celui de nos histoires simples,
la mienne,
la tienne,
la vôtre,
la nôtre,
la leur,
que le cinéphile se réveilla,
loin des feux de la rampe.
Il bâilla juste un peu,
et étendit les bras,
comme une pellicule,
qu'on déroule tout doucement,
sous les projecteurs de son existence,
bien loin du générique de fin.
Ainsi soit-il !
Il y a une heure, Dieu est descendu de son nuage
Surpris d'être dérangé dans sa sieste éternelle
Par tout ce tintamarre qui régnait ici-bas.
Lui, qui depuis toujours, était le maître de l'Univers
Indifférent au bruit des bombes,
Aux pleurs des hommes, aux cris des enfants affamés,
Et à toute la misère de la Terre,
Avait dû se rendre à l'évidence,
La couche d'ozone et les milliards de galaxies
Ne le protégeaient plus des rumeurs de son empire.
Il ouvrit donc un oeil sur notre monde qui l'ennuyait,
Et décida de nous faire une petite visite
Pour régler tous ces problèmes qui l'empêchaient de léviter divinement.
Il fallait absolument qu'il retrouve sa tranquillité d'âme et d'esprit,
Son cocon paradisiaque aux confins du cosmos.
Un comble tout de même pour le chef de l'Univers !
Pire, il ressentait une émotion humaine, l'agacement.
C'était un sentiment nouveau pour Lui
Qui se croyait au-dessus de l'humanité et de ses lois,
De ses joies et de ses peines aussi.
Et puis, il était Dieu après tout, pas un homme !
Pour qui se prenaient donc ces humains,
Qui osaient l'importuner dans son sommeil ?
Il se rappela alors vaguement qu'un jour,
Il y a de cela bien longtemps, pour échapper à l'ennui
Il s'était amusé à mélanger les matières de l'Univers
Comme un sculpteur sublime jouant avec les étoiles,
Créant d'étranges créatures pensantes
Qu'il appela Humains.
Mais il aurait très bien pu les appeler autrement.
En même temps, il en fabriqua d'autres,
A plumes, sans plumes, à poils et sans poils,
A écailles et sans écailles, des cailles aussi ...
Et bien d'autres encore !
Il les nomma Animaux.
Les hommes auraient été stupéfaits d'apprendre
Qu'ils avaient été conçus par hasard,
Juste pour permettre à Dieu de ne plus s'ennuyer
Pendant quelques secondes.
Il en était ainsi aussi de toutes les vies
Sur d'autres planètes dans d'autres galaxies.
Les hommes à nouveau auraient été sidérés de connaître
De telles vérités qu'ils n'auraient pas crues.
Ils n'auraient jamais non plus imaginé que leur Dieu
Avait une forme humaine dont l'allure générale
N'avait rien d'extraordinaire.
Certes composé d'essence spirituelle et sans organe,
Il n'en était pas moins petit, maigrelet, quelconque.
Ce sont les hommes qui avaient toujours eu tendance à l'idéaliser,
A le surévaluer en quelque sorte.
Dieu préférait laisser les humains à leurs prières,
A leurs espoirs fous d'une vie meilleure, à leurs illusions.
Il avait juré de ne jamais plus s'immiscer
Dans les problèmes de ses sculptures pensantes,
Trop heureux de ne plus s'en faire pour personne,
Tranquille sur son nuage,
Conscient que ses créatures seraient toujours imparfaites.
Pourtant durant quelques siècles,
Il avait accompli quelques miracles pour sauver la Terre.
Il y avait même envoyé son fils
Pour guérir les hommes du mal.
Peine perdue !
Il le fit vite revenir à ses côtés.
Dieu qui était arrivé sur la Terre
Il y a tout juste une heure,
Invisible et silencieux,
Fit plusieurs fois le tour de notre globe,
Stoppa les ouragans,
Fit tomber la pluie sur les déserts,
Remplit les coeurs d'amour,
Tua Lucifer qu'il envoya vite au diable !
Guérit tous les malades,
Détruisit tous les canons,
Rendit l'espoir possible,
Rafraîchit le ciel,
Epura les mers et les océans,
Embrassa tous les hommes,
Remit les vaches qui n'étaient plus folles dans leur pré,
Abolit les frontières,
Fit des pauvres des riches
Et des riches des moins riches,
Détruisit tous les fléaux,
Colmata le trou dans la couche d'ozone,
Se promit de revenir dans quelques siècles,
Sans se faire trop d'illusions,
Pour faire le tour du propriétaire,
Puis repartit sur son nuage finir sa sieste,
Chouchouté par ses êtres de lumière,
Là où les vallées sont des océans d'amour,
Qui inondent le ciel de messages de bonté et de paix.
Amen !
La révolte des mots.
Peu après que les vertus aient disparu
Les livres sont sortis de leur léthargie
Pour demander à leurs auteurs à leur insu
D'écrire à nouveau avec force et énergie.
Pourtant les écrivains étaient satisfaits
Fiers de leur succès, de leur réussite
De ce bonheur de reposer en paix
Au milieu de ce monde qui s'agite.
Ainsi, immortels, épanouis et sans haine
Ils se serraient les uns contre les autres
Sur des étagères conciliantes et hautaines
Daignant parfois descendre comme des apôtres
Dans les mains des hommes en sursis
Pour leur offrir leur savoir éloquent
Leur hymne à bâtir une vie sans souci
Et les aider à trouver ce chaînon manquant
Indispensable nécessité au bien-être de chacun
Réfugié au plus profond de soi comme traqué
Complice irrésistible et équilibre incertain
Fragile, amoureux s'embrassant sur un quai
Qui semble si proche et si inaccessible
Qui enflamme les c¦urs et qui isole
Qui rassemble et qui rend si sensible
Qui s'apprivoise et parfois s'étiole
Bonheur absolu, où te caches-tu ?
Chaînon manquant d'une vie en attente
Bonheur absolu, où vis-tu ?
Chaînon manquant d'une vie en attente
Ne sois plus aussi secret, cela est vain
Depuis que les livres se sont révoltés
Et que les mots comme du sang divin
Se sont écoulés dans les veines des athées
De ceux qui ne croyaient plus en rien
De tous ceux-là qui au-lieu de vivre
Critiquaient tout et détruisaient les liens
Ombres diaboliques, êtres en proie au délire
Bonheur absolu, prépare- toi et contemple
Les écrivains du monde vivants ou ressuscités
T'implorent, sublimes oraisons dans un temple
A aller dire à toute cette humanité si dépitée
Que rien ne sert de s'apitoyer sur son sort
Que la lecture offre de telles merveilles
Que l'on n'a pas besoin d'aller quérir de l'or
Pour avoir le c¦ur plus chaud que le soleil.
Peu après que les vertus aient disparu
Les livres sont sortis de leur léthargie
Et ont permis aux hommes de la rue
De reprendre goût à la vie par magie
Alors, les mots dans les veines de l'humanité
Ont créé de nouvelles idées et les auteurs
Ont écrit de nouveaux romans avec félicité
On avait enfin trouvé le véritable bonheur.
Ô Terre de France !
Bravo ma Terre
Ô Terre de France,
Patrie des droits de l'homme,
Votre réveil est un espoir pour vos enfants
Mais restez éveillée
Car l'oeil du démon n'est pas loin,
Unissons nous plus que jamais
Contre le despotisme et la haine
Contre les préjugés et l'intolérance,
Soyons fiers de nos différences
Qui créent notre unité, notre identité.
Mais ce soir, l'heure est à la fête
Alors, dansez avec nous ô ma Terre,
Tandis que vos enfants vous acclament
Et que la République jubile.
Adieu !
Acharnez-vous sur le poète
N'oubliez pas de le tuer
Puis enterrez-le mille pieds sous terre
Il s'en fout !
Il sait qu'il renaîtra de ses cendres
Pour ensevelir à son tour ses bourreaux
Qui pourriront dévorés par des vers
Sans rime sans pied sans vers
Bouffés par la terre
Tandis qu'il composera ses plus beaux vers.
Brûlez-le !
Faites partir ses rêves d'amour en fumée
Ils se répandront dans tout l'univers
Comme une semence nouvelle
Qui s'introduira dans l'âme et le coeur des Hommes
Pour tenter de les rendre meilleurs.
Vous n'avez donc pas compris !
Le poète est immortel
C'est le soleil de l'Humanité
Et vous voulez le détruire
Mais faites-donc ! vous vivrez dans la pénombre
De vos sentiments vils
De votre lâcheté et votre méchanceté ataviques
Coincés dans la bulle de vos certitudes
Le cœur sec et l'âme vide.
Adieu !
L'enfant dessinait avec son cerf-volant
Un matin pareil aux autres
Sous la beauté d'un ciel étincelant
Des arabesques comme des patenôtres,
Il le faisait voler de plus en plus haut
Vers le sommet de ces tours
De ces gratte-ciel pris d'assaut
Par son enfance et tout son amour,
Le cerf-volant s'envola si haut
Que l'enfant ne le vit bientôt plus
Perdu dans ses pensées, ses mots
Si heureux de ce plaisir absolu,
Il essaya de suivre le fil
Qui filait entre ses doigts
Comme celui de sa jeune vie sur son île
Bercée par les histoires d'autrefois,
Mais il était bien trop petit
Même sur la pointe des pieds
Même en sautant en l'air comme un cabri
Même en gravissant l'échelle des pompiers,
Alors, il décida de prendre le taureau par les cornes
Encore fallait-il choisir le bon
Au pays du pop-corn !
Il vit un ascenseur, décidé à s'en servir comme d'un pont,
Entre lui et son cerf-volant qui montait toujours, toujours
Comme une âme qui rejoint le paradis
Libérée d'un corps trop lourd
A tout jamais, pour une nouvelle vie qui irradie,
L'enfant avait du mérite
Car la montée n'en finissait plus,
Des centaines d'étages dans ce granit
Avec le fil dans sa main dévolue,
Presque invisible à présent
Usée par tous les efforts
De ce bambin mécontent
A la recherche de son trésor,
Le fil finit par se briser,
L'enfant se mit à pleurer
A envoyer des baisers
Au ciel pour le supplier,
De lui rendre son compagnon
Perdu au-dessus des nuages,
Etrange vaisseau à la dérive sans nom
Comme un voilier qui a fait naufrage,
L'enfant aurait voulu allonger ce pont
Cette cage sombre qui fonçait à toute vitesse
Comme un train dans un tunnel de béton
Pour rejoindre sa bannière prise d'ivresse,
Mais soudain plus rien
Sauf un énorme bruit fou
Jamais entendu par les humains
Et un feu d'artifice qui détruit tout,
Les femmes, les enfants
Les hommes, les vieillards,
La vie, les gens innocents
Qui travaillaient pour des dollars,
Pulvérisés par deux monstres d'acier
Lancés par Lucifer sur ces tours
Pour détruire la bannière étoilée
Au nom d'un Dieu sans amour,
Ainsi mourut l'enfant,
Dans cet ascenseur qui devint sa tombe
Tandis que son cerf-volant
Fuyait vers d'autres étoiles loin des hommes et des bombes.
Catherine
En ce jour éphémère comme les siècles
A cet instant précis où la vie s'étonne
De cet événement si subit, si cruel
Catherine rayonne déjà et se pelotonne
Contre le coeur de ses enfants stupéfaits
Elle y est plus que jamais mère et reine
Veillant déjà sur sa cour prête à une fête
Enlaçant les siens en atténuant leur peine.
Oh ! Catherine, vous êtes si généreuse
Qu'on oublierait presque de se recueillir
Oubliant le drame de cette journée pluvieuse
Ne voulant entendre, ému, que votre rire.
Toute la famille est là silencieuse et pieuse
Et la foule des anonymes se pressent aussi
On écoute le récit de votre vie religieuse
Pour tout cet inénarrable amour près d'ici.
Alors votre maison s'est rappelée ces moments
Où Bruno, Annie, Françoise et Rose-Marie
Etaient votre seul avenir, oh! tendre maman !
Dans ces corons où l'amour n'a pas de prix.
La rue de Roucourt à Masny s'est aussi souvenue
De votre gentillesse, de votre dévouement incroyables
Et le Nord, lui-même, n'en est pas encore revenu
Il vous dit merci, proches, amis ou voisins inconsolables.
Et dans ce silence pesant telle une cathédrale endormie
Votre cercueil semble un vaisseau bien étrange et insolite
Prêt à se diluer dans les méandres de l'éternité ennemie
Nous emportant avec vous, matelots errants et acolytes